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MARIETTE, avec aigreur.

Vous le voyez, Sévère, je ne suis point libre, et je me vois forcée de souffrir les volontés de ma belle-sœur.


CATHERINE.

Ah ! demoiselle, pouvez-vous parlez comme ça, quand vous êtes la maîtresse ici ! et plus, peut-être, que vous ne devriez !


SÉVÈRE.

Jusqu’à la servante qui vous fait la leçon et qui se mêle de vous morigéner !… Je m’en vas, Mariette ; je suis bien aise d’avoir vu comment vous étiez traitée ici, et je saurai dire à ceux qui vous blâment d’y être que, si vous y restez, c’est contre votre volonté.


FRANÇOIS

Jean Bonnin, vous êtes un honnête homme, et vous n’êtes point assez simple pour ne pas voir que cela ne peut être supporté plus longtemps.


JEAN.

Allons-nous-en, ma tante, et ne dites plus rien, vous gâteriez la sauce. Sans adieu, madame Blanchet, et votre serviteur, croyez-le bien !… À l’honorable plaisir de vous revoir, mamselle Mariette. Il prend le bras de sa tante sous le sien, bon gré, mal gré.


SÉVÈRE, à Jean.

Tu ne seras jamais qu’un âne, tiens !…


JEAN.

Et vous, vous avez le diable au corps, vrai !…

Ils sortent en se querellant. Mariette remonte dans sa chambre et jette la porte derrière elle avec violence.




Scène XII


CATHERINE, MADELEINE, FRANÇOIS, JEANNIE.



MADELEINE va s’asseoir sur le fauteuil.

Ah ! mes enfants, je ne sais pas ce que j’ai fait de mal,