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tirer vengeance, je n’ai que faire de savoir le mal qu’elle peut dire de moi.


FRANÇOIS.

Oh ! je n’ai garde de vous le répéter ! je n’oserais… Mais il faut que je vous prévienne d’une chose : c’est qu’elle va revenir ici tout à l’heure.


MADELEINE.

Encore !…


FRANÇOIS.

Elle veut commencer à se venger de vous, en vous brouillant avec la petite Mariette… et, pour cela, elle doit vous la demander en mariage pour son neveu.


MADELEINE.

Jean Bonnin ?… Il ne lui convient pas ! elle a trop d’esprit pour se soumettre à un homme qui n’en a point.


FRANÇOIS.

Oh ! ne craignez pas qu’elle se soumette à personne… Elle le fera marcher !… elle a une tête !… Il est riche, il est honnête garçon et ne tient point de sa tante. C’est l’homme qu’il faut à Manette, croyez-moi, ma chère mère… Et, d’ailleurs, tant plus vous voudrez l’en dégoûter, tant plus elle s’y obstinera.


MADELEINE.

François, avant de te répondre là-dessus, il faut que tu me donnes ton cœur à connaître, car je veux de toi la vérité.


FRANÇOIS.

Soyez assurée, ma chère mère, que je vous ai donné mon cœur comme à Dieu, et que vous aurez de moi vérité de confession.


MADELEINE, lui prenant les deux mains.

François, voilà que tu es dans tes vingt-deux ans, et que tu peux songer à te marier !… N’aurais-tu point d’idées contraires ?


FRANÇOIS, ému.

Non, non, madame Blanchet,… je n’ai point d’idées contraires… à la vôtre…