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Page:Sand - Theatre complet 1.djvu/177

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MADELEINE.

Je le crois bien ! il s’y emploie du matin au soir. Eh bien, tu parais soucieux, François ?


CATHERINE.

Je sais ce qu’il a ; quelqu’un nous a dit ce matin que la Sévère voulait recommencer ses chicanes au sujet du billet de quatre mille francs de M. Blanchet.


MADELEINE.

Ah ! mon Dieu, elle n’y a pas renoncé ? Ce serait notre ruine.


FRANÇOIS.

Elle n’oserait, ce sont des menaces pour vous effrayer ; mais soyez sûre qu’elle ne s’embarquera pas dans une si mauvaise affaire.

Catherine va à la fenêtre.

MADELEINE.

Si pourtant mon mari n’avait pas payé !


FRANÇOIS.

C’est ce que je saurai, pas plus tard qu’aujourd’hui ; j’ai trouvé un prétexte pour y aller, chez la Sévère, et j’y vais de ce pas.


CATHERINE, regardant par la fenêtre.

Oh ! ma fine, vous n’aurez pas besoin d’aller bien loin, car la voilà qui vient ici.

Elle ferme la porte du fond.

MADELEINE.

Ici, la Sévère ! elle ose venir chez moi ? Oh ! c’est une grande hardiesse !


FRANÇOIS.

Oui, bien grande ; mais elle n’y reviendra pas deux fois, car je veux la recevoir. Sortez par ici, ma chère mère (il montre la chambre de Madeleine), pour ne la point rencontrer, et promenez-vous au bout du jardin pour ne la point entendre, ça ne vous ferait que du mal.


CATHERINE, regardant toujours par le fond.

Il parait qu’elle n’a point osé se risquer seule, car elle