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croyez bien mauvaise, je le vois… Pourtant, nous ne nous connaissons que de tantôt ; et je pourrais vous demander de quel droit vous me souhaitez penser à votre mode.


FRANÇOIS.

Mon droit ?… Vous le connaissez bien ! c’est le droit du champi… de l’enfant qui a été recueilli ici par la charité de madame Blanchet ;… ce qui est cause qu’il a le devoir de l’aimer comme sa mère, à seule fm de la récompenser de son bon cœur.


MARIETTE, émue.

Je n’ai rien à blâmer là-dessus, maître François, et peut-être que, vous aussi, vous prendrez une meilleure idée avec le temps.


FRANÇOIS, avec franchise.

Il ne tiendra qu’à vous, et je ne demande pas mieux… Voulez-vous me donner une poignée de main ?


MARIETTE, minaudant.

C’est un peu trop tôt, je pense…


FRANÇOIS, souriant.

Vous ne voulez point ? Ce sera pour plus tard… Où allez-vous donc, mademoiselle Mariette ?


MARIETTE, se dirigeant vers sa chambre.

Eh ! je vas chercher mon manteau et ma coiffe pour veiller Madeleine.


FRANÇOIS.

Vous voyez bien que vous n’êtes pas seulement la plus jolie fille du monde, et que vous êtes bonne aussi, comme un petit ange ! Allons, voulez-vous me donner la main, à présent ?


MARIETTE.

Puisque vous me le demandez si honnêtement… François lui baise la main ; pendant ce temps, Jean Bonnin passe la tête par la porte et fait un geste de désespoir comique ; il disparaît aussitôt, et François sort après lui.