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MADELEINE.

Et Jeannie qui me parlait de toi encore ce matin !… qu’il va être content !… Catherine, Mariette, appelez Jeannie, qu’il vienne vite !…


CATHERINE.

Mais c’est donc ?… Mais oui, ça l’est ! Ça n’est pas possible !… Si, c’est lui !… c’est notre champi !… c’est François !… Ah ! bonjour donc, mon pauvre François !… Dame ! c’est que tu as tant changé, depuis quatre ou cinq ans…


FRANÇOIS.

Six ans !… ma bonne Catherine… J’avais bonne envie de te sauter au cou ; mais j’étais trop tourmenté, vois-tu.


CATHERINE.

Oh bien, nous nous embrasserons tout à l’heure ; je cours chercher Jeannie d’abord, (À Mariette.) Venez, demoiselle, venez lui annoncer la chose.


MARIETTE, à Catherine.

Tiens, tiens !… c’est là ce fameux champi ?

Elles sortent par le fond.




Scène X


MADELEINE, FRANÇOIS.



MADELEINE.

Ah ! je veux bien mourir à présent, si c’est la volonté du bon Dieu ; car j’aurai vu tous mes enfants élevés.


FRANÇOIS.

Vous êtes donc en danger de mourir, madame Blanchet ?…


MADELEINE.

Non, mon François, j’espère que non.


FRANÇOIS.

Ah ! vous voilà si faible et si pâle, que j’ai grand’crainte… et cette crainte-là m’ôte tout le sang du cœur. Mon Dieu, vous étiez malade comme ça, et vous ne me l’avez pas fait assavoir ?