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Page:Sand - Theatre complet 1.djvu/154

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rait… Je vais simplement lui faire déclaration de mes sentiments d’une manière bien adroite… Elle ne me voit point… C’est bon !

Il s’approche de la cheminée, et accroche au manteau un bouquet de verdure,

avec des rubans ; puis il se retire comme il est entré, en marchant

avec des précautions comiques.




Scène IV

CATHERINE, MARIETTE.



MARIETTE, sortant de sa rêverie.

Eh bien, est-ce que ma belle-sœur se réveille ?… A-t-elle du mieux ?


CATHERINE.

Elle parlait en rêvassant, et elle continue de dormir sur son fauteuil. C’est toujours la même chose, pas plus de couleurs qu’une morte, et pas plus de souffle qu’un poulet. Il faut qu’elle soit bien malade, allez, pour être comme ça, elle qui a tant de courage ! (Elle regarde Madeleine par la porte entr’ouverte.) Pauvre chère femme ! Non, il n’y a pas de femme pour être brave femme comme cette femme-là !

Elle pleure.

MARIETTE.

Ne te désole donc pas, Catherine. Qu’est-ce que nous deviendrons, Jeannie et moi, si tu perds courage ?


CATHERINE.

Jeannie ! pauvre cher enfant du bon Dieu !… dire que le voilà tout seul à présent pour faire des ouvrages d’homme qu’il n’a pas la force de faire !… Je m’en vas lui bailler un coup de main au moulin. Vous, demoiselle, vous allez garder votre belle-sœur, pas vrai ?


MARIETTE.

Sois tranquille, j’en aurai grand soin.


CATHERINE.

Oh ! vous n’en sauriez trop avoir ! car, si vous la perdiez,