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se surpassèrent. Un peu de hâte et de fièvre ne nuit point au succès des choses. Mais voilà nos gens qui arrivent. Ne perdons point de temps.




Scène II


MOLIÈRE, BRÉCOURT, LA GRANGE, DUCROISY ;

Mesdemoiselles DUPARC, BÉJART, DE BRIE,

MOLIÈRE, DUCROISY, HERVÉ.




MOLIÈRE.

Allons donc, messieurs et mesdames ! vous moquez-vous avec votre longueur ? Voici la fin de notre pièce.


DUCROISY.

Ah ! par ma foi, Molière, c’est vous qui vous moquez de nous, de croire qu’il nous soit possible d’apprendre et de jouer dans le même moment. Je vous jure bien que pour ma part, j’y renonce.

Il jette son rôle avec humeur sur la table.

MOLIÈRE.

Tétebleu ! messieurs, me voulez-vous faire damner aujourd’hui ?


BRÉCOURT.

Que voulez-vous qu’on fasse ? Nous ne savons pas nos rôles ; et c’est nous faire enrager vous-même que de nous obliger à jouer de la sorte.


MOLIÈRE.

Ah ! les étranges animaux à conduire que des comédiens !


LA GRANGE.

Le moyen de jouer ce qu’on ne sait pas ?


MADEMOISELLE DUPARC.

Pour moi, je vous déclare que je ne me souviens pas d’un mot de mon personnage.


MADEMOISELLE DE BRIE.

Je sais bien qu’il faudra me souffler le mien d’un bout à l’autre.