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yeux à ses voisins ; et, déjà endetté chez Narcisse, il fit une commande de liqueurs qu’il voulait avoir chez lui, disait-il, pour recevoir ses camarades quand ils allaient le voir. Narcisse la lui refusa carrément, disant qu’il débitait au détail, et qu’il n’était pas marchand, mais cafetier.

Albany parut mortifié de ce refus, mais il le supporta sans rien lui dire d’offensant.

— Je ne sais, me dit-il, ce que ce gros garçon a contre moi aujourd’hui ; il a l’air, à chaque instant, de vouloir me sauter à la gorge. Je suis très-doux, et je déteste les querelles ; pourtant…

— Voulez-vous que je vous apprenne, lui dis-je en baissant la voix, ce que M. Pardoux a contre vous ?

— Parbleu ! oui, je le veux. Dites ! Croit-il que je lui ferai banqueroute ?

— C’est la chose dont il se préoccupe le moins ; vous attirez du monde chez lui, parce que l’on est curieux de voir de près un acteur…

— Et vous pourriez bien dire aussi parce que je ne suis ni un idiot, ni un mauvais diable. Tous les flâneurs de cette ville s’attachent à mes pas, et, pour la plupart, ils m’adorent. Je les amène ici, je fais leur partie, ce qui les pousse à boire. Moi qui ne m’enivre jamais, je tiens tête aux plus solides. Donc, je suis tout profit pour le beau Narcisse.

— Mais le beau et bon Narcisse ne veut pas qu’on se