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vous aurez beau dire, c’est un fameux libertin, votre Albany ! C’est dommage qu’il s’abîme comme ça. C’est un grand artiste, celui-là !

Et, s’adressant à moi :

— Monsieur n’est pas sans la connaître ?

— Pardonnez-moi, je ne le connais pas.

— Ah ! je voyais bien que monsieur n’était pas d’ici. Monsieur est étranger ?

— Non, monsieur, je suis Français.

— Oh ! je le vois bien ! Je voulais dire : monsieur est de Paris ?

— Non, monsieur, répondis-je en prenant mon chapeau.

Et je me dérobai aux questions.

Il était dix heures, et j’avais à travailler. Je retournai à mon jardin, tandis qu’un sous-employé de la mairie et du théâtre faisait le tour de la place et allait jusque dans les rues voisines, sonnant une grosse clochette pour avertir de la fin de l’entr’acte les promeneurs et les gens attablés dans les cafés et guinguettes d’alentour. Dans le même moment, la cloche du couvent sonnait la prière du soir.

Comme je venais de fermer sans bruit derrière moi la porte du jardin, et que j’allais monter le sentier ombragé du pavillon, il me sembla voir, aux pâles clartés de la lune, voilée des mêmes nuées d’orage qui avaient em-