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être si frêle. Juliette était, du jour au lendemain, tombée dans un abattement extraordinaire.

Pourtant, il se fit un mieux très-marqué ; les craintes du docteur se calmèrent, et, comme la malade disait, à toute heure, qu’elle avait besoin de la campagne, et qu’elle avait souvent éprouvé, sans en parler, de grands malaises et des étouffements que l’air d’Estorade avait toujours dissipés, nous résolûmes, ma femme et moi, de l’y conduire avec toutes les précautions imaginables, et de nous y établir auprès d’elle pour la soigner et la distraire pendant quelques jours. Le docteur nous accompagna dans la voiture, et Narcisse se fit notre cocher, ne se fiant à personne pour éviter les secousses à la malade.

Quand nous revîmes Juliette, elle ne nous parut ni si affaiblie, ni si changée que le docteur nous avait préparés à la voir. Elle monta en voiture, sans être trop soutenue, sourit à Narcisse, en lui disant que ce n’était rien, et que le plaisir d’aller avec nous à Estorade lui faisait déjà du bien.

Le voyage parut, en effet, lui être agréable, et elle sortit de voiture aussi facilement qu’elle y était entrée. Le temps était superbe, les appartements bien chauffés. Elle s’assit avec satisfaction dans le vieux fauteuil de sa mère, et nous appela tous autour d’elle pour nous remercier de l’amitié que nous lui témoignions.

— J’espère, ajouta-t-elle, que je ne serai pas trop long-