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cond accès pour se faire une opinion. Il me fit des questions sur notre voyage. Juliette s’était-elle beaucoup fatiguée ? avait-elle eu chaud et froid ? Je n’osais affirmer le contraire.

— Si c’est une affection pleurétique, me dit le docteur, je sais ce qu’il faut faire ; mais, jusqu’à présent, je ne vois qu’un état nerveux très-violent, et que je crains de combattre avec trop ou trop peu d’énergie. J’ai affaire à une organisation exceptionnellement délicate, et sur laquelle les médicaments n’ont jamais produit de bons effets.

Nous ne pûmes cacher longtemps la vérité à Narcisse. Il la pressentait, et il s’attacha si bien aux pas du docteur, qu’il le vit retourner au couvent à minuit. Dès lors, il ne quitta plus le parloir, et, pendant huit jours, il devint l’ombre du docteur et du curé, qui seuls avaient accès auprès de la malade, et qui venaient, à chaque instant, lui donner de ses nouvelles.

Juliette fut malade pendant huit jours, sans que le docteur pût nous dire s’il était réellement tranquille ou réellement effrayé. Il n’y avait aucun symptôme d’accidents pulmonaires ; c’était plutôt une affection du cœur, mais produite passagèrement par une grande excitation nerveuse, ou se déclarant à la suite d’une prédisposition négligée, voilà sur quoi il était impossible de se prononcer. Il n’y avait pas beaucoup de possibilité d’agir sur un