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— Non, pas du tout, répondit-il ; j’aurais voulu tuer Albany, et il vit ! Tant qu’il vivra… je croirai qu’il a jeté sur elle un mauvais sort.

— C’est trop de jalousie ! Je vous conseille, si vous êtes incurable, de ne jamais songer au bonheur.

— Je n’y ai jamais songé, reprit-il.

— Au fait, pensai-je, c’est moi qui ai rêvé tout seul ce mariage. Il est impossible ! Narcisse est sous le coup d’une recrudescence de jalousie qui ferait peut-être le malheur de Juliette.

J’en étais là de mes réflexions, quand on vint me dire que mademoiselle d’Estorade me priait de monter un instant chez elle. Je la trouvai assise, avec ma femme, auprès des deux petites filles endormies.

— Mon ami, me dit-elle d’une voix émue, j’ai voulu vous parler en même temps qu’à Blanche. J’ai fait mes réflexions durant ce voyage. En voyant Narcisse à toutes les heures du jour, si dévoué pour moi et si parfait en toutes choses, j’ai compris que je devais et que je pouvais l’aimer assez pour qu’il fût heureux avec moi. Je m’étais fait de fausses idées sur moi-même. Il me semble qu’enfin je vois et pense comme tout le monde. Dites-lui donc de me parler à cœur ouvert. Je lui ferai, moi, ma confession générale, et, comme, après tout, je ne suis pas bien coupable ni bien mauvaise, je suis sûre qu’il sera content de mes résolutions. Je peux vous les dire d’a-