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— Narcisse ne dit rien ; il est comme abasourdi. Mais le plus prudent serait de lui donner une commission à faire pour vous à Estorade.

— Eh bien, allez le chercher, répondit-elle. Je trouverai un prétexte pendant ce temps-là, et chargez-vous d’envoyer tout de suite ma lettre à Albany : le père Bondois serait trop long.

Je cherchai Narcisse au café Pitard ; il était sorti. Je le cherchai dans la ville ; on l’avait vu descendre à l’hôtel de la Tête-d’Or.

Je m’y rendis en toute hâte. On m’apprit qu’Albany et Narcisse étaient sortis ensemble, se dirigeant vers la route du Midi.

Je suivis leur trace, et les trouvai bras dessus, bras dessous, comme gens qui vont se battre en cachette, et qui affectent, devant les passants, d’être au mieux ensemble. Pourtant, ils causaient avec tant d’animation, à voix basse, qu’ils ne purent s’interrompre en me voyant. Au contraire, Narcisse me prit à témoin, et quelques paroles très-vives furent échangées. Je les engageai à quitter la route et à entrer avec moi dans une prairie où Narcisse, que je m’efforçais de calmer, s’expliqua devant moi.

— N’ayez crainte d’un duel, me dit-il. Monsieur voudrait fort que ce fût là mon idée, mais ce ne l’est point. Je n’ai jamais touché à une épée, et je ne sais ce que c’est