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amour, après avoir inventé lâchement la fable d’un riche mariage à Nantes, pour amener l’explosion des sentiments de Juliette ? Je veux vous donner la preuve de la vérité !

Et il me remit quelques lettres d’un homme d’affaires, que je pus lire ensuite, et qui attestaient la réalité de ses paroles. Mais il eut encore à se défendre d’un doute qui persistait en moi.

— Je n’ai pas précisément besoin de lire ces papiers, lui dis-je, pour vous croire incapable d’une bassesse ; mais je vous crois incertain et capricieux, de plus très-incapable d’un grand amour, et, je vous en demande pardon (nous sommes ici pour tout dire), trop épris de vous-même pour apaiser moralement la soif du grand amour que vous croyez inspirer. Répondez à toutes mes questions. Vous avez connu Juliette jeune, aussi aimable, aussi bonne, aussi angélique probablement qu’elle l’est aujourd’hui. Mais elle était pauvre, et vous ne l’avez pas aimée…

— Quand je l’eusse aimée, répondit Albany, à quoi cela eût-il abouti ? J’avais vingt-deux ans ; pouvais-je songer à un mariage auquel mes parents riches n’eussent jamais consenti ? Devais-je la compromettre ?

Je ne vous demande pas pourquoi vous ne lui avez pas parlé d’amour, je le comprends de reste ; je vous demande simplement si vous avez ressenti pour elle quelque velléité d’amour ?