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— C’est un couvent de filles, s’il vous plaît, répondit le cafetier. Elles sont cinq là-dedans, quatre nonnes qu’on appelle des sœurs bleues, et la pauvre mademoiselle d’Estorade… Quand je dis pauvre, c’est parce qu’on plaint toujours une vieille fille ; car, du reste, elle a une belle fortune, et c’est elle qui a fait restaurer ce vieux petit couvent, et qui y entretient une école gratuite d’orphelines. Elle vit là dans la haute dévotion ; tout son bien passe en charités. On ne la voit plus jamais. Je crois qu’elle a, ou qu’elle doit prononcer des vœux… Moi, ça m’est égal, quoique je lui en veuille un peu de n’avoir pas consenti à me vendre ce bout de jardin, qui aurait élargi convenablement le mien, et dont elle ne sait que faire ; car le couvent possède, derrière ce gros mur qui forme le carré, du côté de la terrasse, un enclos superbe. C’est donc pour cette pauvre petite bande de terre que vous voyez là, qui ne lui sert à rien, puisqu’on y laisse pousser les orties et les mauves sauvages, qu’elle s’est obstinée à me contrarier. On dit que les dévotes sont têtues ! je le vois de reste.

— Mais ne trouvez-vous pas, cependant, que votre jardin, élargi de cette bande de terre, et allant toucher jusqu’aux fenêtres de ces bonnes recluses, eût pu devenir fort gênant pour elles ?

— Non ! puisque mon jardin n’est pas public, et que, d’ailleurs, cette partie des bâtiments du couvent n’est ni