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à sa majorité, soit qu’elle eût vécu dans un milieu trop mièvre pour les habitudes de son enfance, soit qu’elle eût éprouvé quelque chagrin personnel que j’ignore, elle était retombée dans un état d’atonie assez peu rassurant. Ce qui l’a sauvée, c’est d’avoir une vie active avec le cœur tranquille. J’ai étudié sur elle les effets du mysticisme, et j’en suis venu à les croire souverains sur certaines organisations.

Ici le docteur entra dans une dissertation assez ingénieuse sur le besoin qu’éprouvent certaines âmes de s’attacher à un être insaisissable et de caresser sans cesse un rêve de perfection.

Le docteur n’était pas très-croyant. Pour lui, Dieu était un chiffre, un être de raison, un grand arcane, et l’amour humain envers cet être problématique, une sainte folie. Mais il admettait la réalité de cet amour et ses puissants effets. Persistant à donner improprement les noms d’ascétisme et de mysticisme à ce qui était tout simplement la foi, il accordait, en souriant, à cette faculté, des louanges raisonnées au point de vue philosophico-médical.

— Ce dieu que les âmes mystiques adorent, disait-il, est un époux sans tache, comme elles l’appellent, et c’est très-bien dit, car c’est un amant sans défaut et sans torts. À une femme impressionnable, nerveuse, et dont la sensibilité est trop développée, un tel amour n’apporte ja-