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entre nous. Je suis très-content comme je suis. On est ensemble, elle, ma sœur et moi, absolument comme autrefois à Estorade. Ça nous rajeunit tous trois de dix ans. Quant au mariage, c’est des folies ! Elle est une demoiselle noble, et moi un ex-cafetier ! ah bien, oui ! ça n’irait guère ensemble !

— A-t-elle les préjugés de la naissance ?

— Non, pas du tout : c’est une justice à lui rendre. Elle pense, comme l’Évangile, qu’on est tous, autant les uns comme les autres, les enfants du bon Dieu.

— Alors, où serait l’empêchement ?

— L’empêchement… l’empêchement… est-ce que je sais, moi ? Il y en a tant, que je ne sais lequel vous dire.

— La différence d’éducation ?

— Eh bien, oui, d’abord ! Elle est instruite, elle a des talents, elle est une dame du grand monde, elle ! Ça se voit toujours sous son air simple et doux. Et moi, j’aurai beau faire, je ne serai jamais qu’un cafetier, très-peu clerc, comme disait mon père, et habitué à vivre avec les gens du commun.

— C’est possible ; mais, en fait d’industrie, vous êtes extraordinairement intelligent, et, pour exposer une idée positive, vous rendriez des points à bien des gens plus lettrés.

Je disais la vérité. Narcisse parlait d’une façon familière et rustique. Peut-être eût-il craint de paraître pré-