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sincère compliment d’être débarrassée d’une pareille croix, et je passai le reste de la journée auprès d’elle, à relire les lettres de Louise, à en parler avec bien des larmes, et à me prendre d’un grand amour, comme vous pouvez penser, pour ma nièce, la plus belle et la plus aimable enfant de la terre. Oh ! vous la verrez, et vous l’aimerez aussi ; car, à présent, nous la voyons assez souvent, Juliette et moi, ici à la campagne, sans que le monde en puisse jaser. Estorade est un pays perdu, où pas grand monde ne va. Nos bourgeois ont coutume de dire et de croire que c’est le plus vilain endroit de la France, parce que les chemins sont mauvais, et qu’il y a des rochers partout. D’ailleurs, à Estorade, la demoiselle est si aimée, si respectée, et si bien tenue en odeur de sainteté, comme elle le mérite, qu’il ne ferait pas bon venir faire aux paysans de chez nous une question sotte, ou une réflexion de travers sur son compte.

» Ici, ce serait bien autrement. Les malheureux l’aiment et la défendent ; mais la bourgeoisie ne peut pas la souffrir. Les uns sont jaloux de sa fortune, les autres de sa vertu. Il y en a qui disent qu’elle est dans les eaux des jésuites, ce qui n’est point, dans le sens où on l’entend. J’en suis sûr à présent, moi ! Il y en a d’autres, les femmes surtout, qui voudraient bien mettre leur mauvaise langue à l’ouvrage pour défaire sa bonne renommée. De tout ça, elle dit qu’elle se moquerait bien, si ce