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qu’elle voudra. Vous en savez plus qu’elle, puisque vous savez la vérité !

Mademoiselle d’Estorade sonna et envoya dire à mademoiselle Julia qu’elle la priait de monter.

Dans l’intervalle, Narcisse prit une feuille de papier timbré dans un carton que lui désigna la châtelaine, et il rédigea l’acte en disant :

— Demoiselle, vous répugneriez à faire trop de comédie. Je fais l’acte en conscience, et vous le signerez, n’est-ce pas ?

— Oui, répondit-elle en souriant, puisque vous tenez tant à condamner la porte de mon enclos de ce côté-là !

— Merci, demoiselle, vous avez compris ! Combien voulez-vous de ce terrain ?

— Combien voulez-vous le payer ?

— Les yeux de ma tête, si c’est là votre prix.

— Non, ce serait trop cher. Mettons cent francs, que vous porterez demain dans le tronc des pauvres de la paroisse.

— Cent francs, un terrain en ville ? C’est trop peu de moitié au moins ! Vous n’y songez pas. Ah ! si c’est comme ça que vous faites vos affaires…

— Eh bien, puisque c’est pour les pauvres, mettez le double, et n’en parlons plus. Voici cette demoiselle !