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— Mais, si je garde un de mes gens auprès de moi, dit mademoiselle d’Estorade en l’interrompant, elle affectera de m’insulter en sa présence.

— Sans aucun doute ! répondit Narcisse.

— C’est donc à vous de rester auprès de moi. Seulement, elle en parlera avec malveillance ; elle dira qu’elle m’a surprise à la campagne en compagnie de deux jeunes gens.

— Vous êtes bien bonne pour moi, dis-je en souriant à mademoiselle d’Estorade ; mais j’ai trente-huit ans, je suis marié et père de famille. Il n’y a rien d’inconvenant à ce que je sois ici avec Narcisse pour vous parler d’affaires. Vous nous vendez le petit terrain pour lequel nous avons été hier vous trouver à la ville. Voyons ! Ceci est un cabinet de travail. Nous nous mettons à cette table, nous venons de faire un sous-seing privé. Mademoiselle Julia entre, et nous achevons en sa présence notre petite comédie. Elle demande à vous voir seule ; vous lui dites que c’est inutile et qu’elle peut, si elle a un secret à vous confier, vous parler bas sur cette causeuse. Nous, nous restons dans l’embrasure profonde de la fenêtre, en ayant l’air de relire et de méditer l’acte important pour lequel nous attendons votre signature ; et nous ne vous perdons pas de vue. Est-ce convenu ?

— J’admire et j’obéis ! s’écria mademoiselle d’Estorade. Cette personne peut me dire, en votre présence, tout ce