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gens qui flairent un mystère, et cette physionomie intriguée nous avait empêchés, Narcisse et moi, d’échanger, durant le trajet, nos réflexions sur cet incident inattendu.

Nous trouvâmes mademoiselle d’Estorade très-agitée.

— Il m’arrive, dit-elle en venant à nous, une aventure plus désagréable que tout le reste, et je vous appelle à mon aide. Vous voyez si je vous traite en amis dévoués. Écoutez ! Il vient de me tomber sur les bras une demoiselle que j’ai refusé de recevoir. Mais elle s’obstine et dit qu’elle restera à la porte toute la nuit, s’il le faut, afin de me guetter au passage et de me dire, devant mes gens, ce qu’elle a à me dire.

— Et pourquoi refusez-vous ? dit Narcisse.

— Je ne refuse plus, j’hésite… Cette personne s’appelle Julia.

— Quelle Julia ? La chanteuse, la maîtresse d’Albany ?

— Précisément ; elle a décliné ses noms et qualités en demandant à me voir.

— Et elle attend à la porte ? Nous ne l’avons pas rencontrée !

— Voyant qu’elle s’obstinait, et ne voulant pas qu’elle fît d’esclandre, je l’ai fait introduire dans le salon en bas, en lui envoyant dire que j’étais en affaires, mais que je serais probablement libre dans un quart d’heure.

— Ah ! dit Narcisse, et vous allez recevoir cette princesse-là ?