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cela me donne de la fraîcheur dans tout le corps. Je me rappelle le temps où je courais là-dedans nu-pieds comme un petit paysan… et aussi le temps où je commençais à être grand garçon, et où j’y venais avec ma sœur et la grande Juliette, pêcher des écrevisses dans les ruisseaux qui descendent du talus et qui se perdent dans la rivière. Tenez, en voilà un où elle se plaisait à grimper au milieu de l’eau, car les roches y font comme un escalier naturel, et elle avait coutume de dire : « C’est mon ruisseau, c’est l’endroit que j’aime ! » Elle était comme vous, elle disait qu’il n’y avait rien de plus beau que les endroits sauvages et les chemins perdus.

Nous venions de dîner, Narcisse et moi, à la Folie-Pardoux, et nous songions à nous remettre en route ; car, à l’heure lucrative du soir, mon ami le cafetier n’abandonnait pas volontiers son établissement, lorsqu’une servante du château nous apporta un billet ainsi conçu :

« Mon cher monsieur Pardoux, ayez, avec votre ami, l’obligeance de venir tout de suite chez moi.

 » Juliette d’Estorade. »


Cinq minutes après, nous entrions dans la cour délabrée du vieux manoir.

La servante qui nous avait remis le billet et qui nous conduisait dans les appartements avait l’air curieux des