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— Je suis bien décidée à ne pas le revoir ; j’y courrais le risque d’être décriée. Mais, en dehors de ce danger, je ne vois pas où serait le crime de recevoir ses lettres.

— Et d’y répondre ? s’écria Narcisse, tout à fait enhardi par la vivacité de sa sollicitude. Oh ! convenez-en, demoiselle, vous avez dans l’idée de lui répondre encore !

— Pourquoi non ?

— Vous y tenez donc bien ?

— Pas tant que vous croyez, Narcisse. Je vous demande seulement de me dire où serait l’inconvénient.

— Vous êtes donc bien sûre de lui ? D’où vous vient cette confiance ? Sur quoi est-elle fondée ? Sur ses bonnes mœurs, sur son caractère irréprochable ? Voyons ! dites, demoiselle ! Pourquoi êtes-vous sûre de cet homme-là, tandis que vous vous méfiez de tous les autres ?

— Moi, je me méfie de tous les autres ?

— Oui, puisque vous vous renfermez depuis si longtemps !

— Je vous ai dit pourquoi je mène cette vie ; vous avez bien vu que ce n’étaient ni la haine du monde ni le mépris du genre humain qui m’y avaient portée. Je ne suis pas méfiante… je n’ai pas le droit de l’être !

— Pourquoi donc n’en avez-vous pas le droit ? Je ne comprends pas cette parole-là !

— Elle signifie que, n’étant plus jeune et n’ayant jamais été belle, je ne pourrais pas, sans sottise, me per-