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pendaient son honneur et sa vie. Je cédai à regret, craignant que ma démarche ne fût ébruitée et mal interprétée. Il parut y vouloir mettre beaucoup de prudence, et, m’avouant qu’une personne jalouse surveillait ses démarches, il me pria de faire prendre, le soir, dans ce même chèvrefeuille qui nous séparait, un avis qu’il me donnerait de l’heure précise où il serait sûr de n’être suivi ni observé.

» Vous savez le reste. J’eus l’imprudence de faire prendre le billet par Bondois, et, quand je l’eus entre les mains, je rougis de voir que j’acceptais le rendez-vous d’un homme de mauvaise vie, et je résolus de ne pas m’y rendre.

» Pourtant, je m’y suis rendue, et là est ma vraie faute, ma vraie honte. J’ai risqué une démarche innocente, il est vrai, mais qui pouvait compromettre ma réputation, une réputation dont je dois compte à Dieu, puisque je me suis, sinon enchaînée par des vœux, du moins consacrée, par une longue pratique, à son service exclusif.

» L’entretien que vous avez entendu, en partie, roula uniquement sur mademoiselle Julia. Albany avait été mis en prison pour dettes aussitôt après son départ de Touraine. Cette actrice, éprise de lui, l’avait sauvé à son insu. Il m’avait attribué ce mystérieux bienfait. Il avait supposé qu’instruite de ses disgrâces, j’avais satisfait le créancier qui l’avait fait incarcérer. Il venait de découvrir, en arrivant à la Faille avec Julia, que le bienfait venait d’elle. Le sa-