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Page:Sand - Le Diable aux champs.djvu/295

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FLORENCE, la suivant des yeux. — Souper avec Jenny pour la première fois ! Oui, c’est un bonheur ; mais pour la dernière fois ?… oh ! non, certes ; ce n’est pas là ma volonté, et vous n’y pouvez rien, belle comtesse !


Dans le parterre


DIANE, GÉRARD.



GÉRARD, sans rien dire, prend la main de Diane, la conduit à un banc ombragé, se met à ses genoux et fond en larmes.

DIANE. — Ah ! vous m’aimez donc, vous ? Vous m’acceptez telle que je suis, avec mes défauts, mes travers et mes fautes ? Eh bien, vous avez raison, bon cœur que vous êtes ! Et vous seul peut-être saurez me guérir et me fixer. Gérard, je ne suis pas méchante, je ne suis pas pervertie, je suis folle ! J’ai vécu dans le faux, dans l’excitant, dans le vide ! Une âme droite et qui s’abandonne comme la vôtre, est ma seule planche de salut. Aimez-moi, Gérard, et, au nom du ciel, faites que je vous aime !

(Elle fond en larmes aussi, en tendant ses deux mains à Gérard, qui les couvre de baisers.)




SCÈNE XII


Au prieuré


Dans une vieille chapelle servant d’atelier aux artistes.


EUGÈNE peint, DAMIEN grave, ÉMILE écrit, MAURICE entre.



MAURICE. — Eh bien, c’est comme ça que vous faites la pièce !

EUGÈNE — Eh bien ! et toi, qui es dehors depuis une heure ?