Ouvrir le menu principal

Page:Sand - Le Diable aux champs.djvu/269

Cette page n’a pas encore été corrigée


JEAN. — Oh ! c’est loin, loin ! dans la mer.

LE BORGNOT. — Comme ça, il y a donc deux Frances ?

JEAN. — Il y a de la France partout, mes enfants. Moi, j’ai été soldat de marine à la Martinique, et je vous dis qu’on y parle de la France tout comme si on y était, et qu’on n’y pense guère à autre chose.

GERMAIN. — Comme ça, la France est donc la plus fameuse nation de toutes les nations ?

JEAN. — Tiens ! je crois bien !




SCÈNE IV


Dans le vestibule du château de Noirac


GÉRARD, MAROTTE.


GÉRARD, — Madame la comtesse n’est pas encore levée ?

MAROTTE. — Mais non, monsieur, il n’est pas huit heures !

GÉRARD. — C’est qu’elle m’avait fait dire hier qu’elle monterait à cheval avant la messe, s’il faisait beau temps ce matin.

MAROTTE. — Oh ! dame, monsieur, je crois bien qu’elle l’a oublié, ou qu’elle trouve la matinée trop fraîche, car elle n’a rien commandé et elle est encore dans son lit ; mais je sais qu’elle est réveillée, et je vas lui demander, de votre part, ce qu’elle veut faire. Entrez toujours au salon.




SCÈNE V


Dans la chambre à coucher de Diane


DIANE, dans son lit ; JENNY, assise à côté d’elle.


DIANE. — Non, non, je ne veux pas me lever encore ; cela te fatiguerait de m’habiller. Comme tu es pâle, ma pauvre