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Page:Sand - Le Diable aux champs.djvu/164

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EUGÈNE. — Si vous aimez mieux le feu, nous vous ferons voir un incendie, et nous vous mettrons à la chaîne. Voilà un plaisir !

JENNY. — Je ne m’y mettrais pas pour mon plaisir, mais pour être utile.

EUGÈNE. — Ah ! pour être de chaîne à côté de vous, j’ai envie de mettre le feu au village.

JENNY. — Comme vous y allez ! J’espère que vous ne buvez pas de Champagne tous les jours, car on ne serait pas en sûreté dans le pays !… Mais on m’appelle. Merci pour vos renseignements, monsieur. Je suis votre servante.




SCÈNE XII


Dans le boudoir de Diane


DIANE, JENNY.


JENNY. — Oui, oui, madame, on agit et on espère, car on nous dit d’espérer.

DIANE. — Mais qui donc agit pour moi ? qui donc est dans la confidence à ce point ? Jenny, vous me compromettez… Je veux tout savoir, ou je m’oppose à ce que vous faites.

JENNY. — Eh bien, madame, c’est Florence.

DIANE. — Ce jardinier qui est ici depuis deux jours… et qui sait déjà ?…

JENNY. — C’est moi qui lui ai dit ce qu’il fallait bien lui dire. C’est un coup de tête, si vous voulez, et c’est votre désespoir qui me l’a inspiré ; mais c’est une bonne inspiration, j’en suis sûre à présent, car il s’y prend de manière à réussir.

DIANE. — Quoi ? que fait-il ?

JENNY. — Il fait la cour à Myrto.

DIANE. — Ah ! c’est d’un Frontin, cela ! Je croyais qu’il n’y en avait plus. Mais cette fille doit être trop intéressée pour écouter un jardinier.

JENNY. — Il se fait passer pour millionnaire auprès d’elle.