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Page:Sand - Le Diable aux champs.djvu/139

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Dites donc, mon brave homme, si vous voyez passer monsieur de Mireville se rendant au château, voulez-vous m’avertir, là-bas, vous savez, la maison blanche ? Vous aurez pour boire !

GERMAIN. — Ma fine, mam’selle, je n’aurai pas grand’peine à le gagner, car voilà monsieur le marquis qui vient, postant sur son chevau.

MYRTO. — Arrêtez-le, courez après lui ! Qu’il n’entre pas au château sans me parler.

GERMAIN. — Courir !… Oh ! vous êtes plus jeune que moi pour courir !

MYRTO, courant vers Gérard. — Gérard, c’est moi ! Écoutez-moi !

(Gérard fouette son cheval et passe.)

MYRTO. — Tu ne m’écoutes pas !… Du mépris, toi aussi ? Oh ! je me vengerai !

GERMAIN, à Maniche, qui s’approche. — Eh bien, ma fille, voilà ton homme qui pompe… Dame ! s’y prend-il bien, lui !… Il n’est point maladroit, mon fils Pierre !

MAURICE. — Pierre, mon ami, si vous vous y prenez comme ça, vous vous ferez casser les jambes. Allons !

    Armez la pompe ! Amarrez !

MANICHE. — Ça me paraît qu’il est savant, monsieur Maurice.

GERMAIN. — Ah bien oui, savant ! Ils apprennent ça tout de suite dans les livres. Tiens, vois ! il a son livre dans la main ! avec des images, encore ! J’en saurais bien autant, moi, si j’avais appris à lire !

MAURICE, à Damien. — Si ça ne fait pas damner, de voir des lambins comme ça !

DAMIEN. — Ils n’apprendront jamais. Au premier incendie, ils se blesseront tous ou casseront la pompe avant de s’en servir.

MAURICE. — Oui, si le malheur arrive demain ; mais avec un peu de temps et de patience, nous viendrons à bout d’en former quelques-uns. Sacristi ! ce n’est pourtant pas malin