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Page:Sand - Le Diable aux champs.djvu/110

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MYRTO. — Non ! elle me retiendrait, et je veux la voir sans la gêner. On m’a dit que, outre cette maison-ci que vous habitez, vous en possédiez une autre dans le village.

MAURICE. — Il est vrai, madame, et elle est bien à votre service ; mais c’est une maison rustique, encore plus modeste que celle-ci.

MYRTO. — Et elle est meublée ?

MAURICE. — Avec fort peu de luxe !

MYRTO. — On m’a dit qu’elle était propre et qu’elle était libre. Combien voulez-vous me la louer ! Là, voyons, tout de suite ?

MAURICE. — Je vous l’offre gratis, madame, pour quelques jours, si elle vous convient.

MYRTO. — Gratis, monsieur ? Non, je n’accepte pas les choses ainsi. Est-ce un refus ?

MAURICE. — Au contraire. Vous paierez ce que vous voudrez.

MYRTO. — À la bonne heure. Et je peux m’y installer tout de suite ?

MAURICE. — À l’instant même.

MYRTO. — Puis-je avoir une femme pour me servir ?

MAURICE. — Si vous vous contentez d’une paysanne, vous en aurez trois pour une. Veuillez entrer au salon, je vais dire qu’on s’occupe…

MYRTO. — Non, rien ! donnez-moi le nom d’une de ces femmes.

MAURICE. — Marguerite, la maison à côté de celle où je vais vous conduire.

MYRTO. — Non, ne me conduisez pas. Le domestique qui m’accompagne connaît tout cela. Donnez-moi les clefs.

MAURICE. — C’est Marguerite qui les a. Mais elle est peut-être déjà couchée ?

MYRTO. — Elle se lèvera.

MAURICE. — Vous voulez attendre à sa porte, à cheval, par ce temps affreux ?

MYRTO. — Ah ! je m’en moque !… Je veux dire, je ne suis pas délicate et ne crains pas les rhumes de cerveau.