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Page:Sand - Le Diable aux champs.djvu/101

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JENNY. — D’où donc connaissez-vous comme cela les gens du monde ? Vous avez donc déjà fait, comme on dit, beaucoup de maisons ?

FLORENCE. — Non, c’est la première où je sers ; mais je suis observateur, et les êtres humains ne sont pas plus mystérieux que les plantes. Savez-vous à quoi madame de Noirac a employé le temps de votre absence ?

JENNY. — Non !

FLORENCE. — À tirer au pistolet, à cheval, sur des têtes disposées dans le manége. — Et puis un caprice ! « Monsieur Florence, venez ici… » C’était pour avoir un spectateur ; monsieur Gérard ne lui suffisait pas. On a fait son effet sur lui ! Moi, j’ai été sournois, j’ai fait comme un homme blasé sur les exercices de l’hippodrome, et je n’ai pas seulement regardé en lui parlant. — Madame veut des fleurs autour du manége, sur les talus ? on en fera mettre ; et me voilà parti !

JENNY. — Mon Dieu, comme vous paraissez enclin à dénigrer madame ! Ce n’est pas bien, et nous ne serons plus amis si vous continuez. Madame ne pense pas du tout à faire de l’effet. Elle s’amuse, voilà tout. Laissons cela ! J’aime mieux écouter la grive et regarder le ciel.




SCÈNE X


Au prieuré


La maison de Maurice


MAURICE, DAMIEN, EUGÈNE, JACQUES, PIERRE, RALPH, FLORENCE, LE CURÉ DE NOIRAC, à table.



MAURICE. — Félix qui potuit rerum cognoscere causas ! Hein, monsieur Jacques ?

EUGÈNE. — Tu sais donc le latin, toi ? Tu ne m’avais jamais dit ça !

MAURICE. — Oui, je sais le latin… comme un rapin !