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est toujours puni, et le mien est peut-être cause de l’état où la pauvre madame est tombée.


CÉSAIRE.

Je ne comprends pas…


JEANNE.

Moi, je me figure qu’elle comprend, qu’elle a découvert mon mensonge, qu’elle est accablée sous un étonnement terrible, et qu’elle, si bonne et si tendre, ne trouve plus de paroles pour repousser ce qu’elle a aimé, pour maudire ce qu’elle a béni !…


CÉSAIRE.

Vous parlez par énigmes, Jeanne ; mais, eussiez-vous commis un crime…


JEANNE.

Un crime !… C’en est un peut-être !… Oui, c’en est un, je le sens au supplice que j’endure, je veux m’en délivrer ! Mon ami, sachez tout. Non, je ne peux rien vous dire… à moins que vous ne deviniez…


CÉSAIRE.

Moi, deviner ? Non, je n’ai jamais su ! À quoi bon deviner les petites choses quand on sait les grandes ?


JEANNE.

Quoi ? que savez-vous ?


CÉSAIRE.

Je sais que l’amour accepte tout et que je vous aime !


JEANNE.

Mais elle, madame !…


CÉSAIRE.

Elle vous chérit : l’affection qui n’aurait jamais rien à pardonner, à quoi servirait-elle ?…