Ouvrir le menu principal

Page:Sand - Jean de la Roche (Calmann-Levy SD).djvu/78

Cette page n’a pas encore été corrigée


curieux et bien intéressant. Si j’avais osé, je lui aurais demandé la permission de dessiner des détails qui intéressent mon père, mais j’ai craint qu’elle ne nous prît pour des marchands de bric-à-brac.

— Si vous daigniez revenir, ma mère serait bien heureuse de vous voir prendre quelques moments de plaisir chez elle.

— Eh bien, nous y retournerons sans doute quelque jour, et j’emporterai mes crayons.

— Il paraît que vous avez un grand talent ?

— Moi ? Oh ! pas du tout, par exemple ! Je n’ai été élevée qu’à faire des choses utiles, c’est-à-dire fort peu agréables.

— Pourtant vous faites de la dentelle, et vous paraissez très-habile.

— Oui, comme une vraie paysanne. J’ai appris cela d’une de nos servantes : par là, je suis devenue la cent trente mille et unième ouvrière du département, mais ce que je fais, c’est encore pour mon père, qui est curieux de toutes les antiquailles. J’exécute un ancien point du temps de Charles VII, dont nous avons retrouvé le dessin dans de vieilles paperasses. Voyez, c’est très-curieux, n’est-ce pas ?

— C’est très-beau : mais voyez comme je suis ignorant ! Je ne me doutais pas que la fabrication du point fût si ancienne dans ma province.