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Page:Sand - Jean de la Roche (Calmann-Levy SD).djvu/74

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arriver par là. Il savait pourtant bien que ce n’était pas du tout mon chemin, mais je n’eus pas la peine de chercher un mensonge ; il paraissait ou très-indifférent à la circonstance, ou très au courant de mes prétentions mal déguisées. Ce qui me confirma dans cette dernière supposition, c’est qu’il me parla le premier de la famille Butler en homme qui n’est pas fâché de sonder pour son compte ou pour celui des autres les dispositions du futur. Ceci me parut le fait d’un cuistre ; cependant, comme je ne demandais qu’à voir clair dans ma situation, je ne le lui fis pas sentir et me tins sans affectation sur la réserve, tout en cherchant à le faire parler.

Il était fort lourd, pensait à bâtons rompus et se permettait d’être encore plus distrait que son patron. De plus, il était asthmatique et crachait souvent. Il disait sur les sujets qui m’intéressaient le plus vivement les choses les plus insignifiantes. M. Butler était le plus doux et le meilleur des hommes ; miss Love était parfaitement bien élevée ; Hope avait un heureux naturel et beaucoup de dispositions pour tout. La maison était bien tenue, les collections aussi (grâce sans doute à M. Black). On était heureux dans cette famille ; on n’y manquait de rien ; on n’y recevait que des personnes honorables, et j’en grossissais le nombre. Chacune de ces importantes révélations était accompagnée