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Page:Sand - Jean de la Roche (Calmann-Levy SD).djvu/42

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encore fausse route et de ne chercher que le contraire de l’amour.

— Quelle femme rêvez-vous donc ?

— Une créature parfaite, ni plus ni moins ! Quelle autre rêve-t-on jamais ?

— Mais encore, comment est-elle faite ?

— Je ne sais. J’ai connu à Paris des femmes parfaitement belles et parfaitement haïssables. Je n’ose donc penser à la figure que ma femme, à moi, ma femme accomplie, peut et doit avoir.

— Ne parlons pas de sa figure. On est toujours jolie quand on plaît et quand on est aimable. Mais… tenez-vous à la naissance ?

— À moins que vous n’y teniez…

— Je n’ai pas d’autre manière de voir que la vôtre. Si une famille d’honnêtes gens vous suffit, je saurai m’en contenter. Mais… tenez-vous à la fortune ?

— Je ne tiens qu’à l’aisance. Je n’ai ni le droit d’exiger une femme riche, ni celui d’en choisir une pauvre. Je ne veux pas que mes enfants soient privés de l’éducation que j’ai reçue. Je ne désirerais donc qu’une existence assortie à la mienne, et je n’ai pas l’ambition de souhaiter mieux.

— Pourtant, si vous trouviez une belle dot… Une bourgeoise doit être riche pour épouser un gentilhomme. C’est dans l’ordre et c’est l’usage.