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Page:Sand - Jean de la Roche (Calmann-Levy SD).djvu/310

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— Camarade, lui dis-je à l’oreille en le réveillant, veux-tu gagner cinq cents francs tout de suite ?

— Avec plaisir, monsieur !

— Eh bien, relève-toi et emportons la demoiselle jusqu’à la croix du Puy.

— Diable ! dit-il, porter là-haut une personne ? Ça ne s’est jamais fait. Est-ce possible ?

— C’est possible, puisqu’on y a porté une croix et des pierres. Veux-tu mille francs ?

— Non, je suis un honnête homme : cinq cents francs, c’est bien payé ; mais, si j’en crève, vous aurez soin de mon vieux père. Je n’ai que lui à nourrir.

— Je te jure d’avoir soin de lui. Veux-tu ?

— Mais vous, vous ne pourrez pas !

— Est-ce que je vais mal ? est-ce que je te fatigue ?

— Non ! vous allez mieux que pas un. Allons ! en route. Vous passerez devant ?

— Non, je veux faire le plus difficile. Attends ! je t’avertis que la demoiselle dira non. Elle aura peut-être peur. Ça ne fait rien. Tu avanceras tout de même. C’est moi qui commande.

— C’est bien : mais ce n’est pas le tout de commander, il faut rendre l’homme capable d’obéir. Avez-vous quelque chose à me faire boire ?

— Oui. Voilà de l’eau-de-vie pour toi, lui dis-je en lui tendant une gourde.