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Page:Sand - Jean de la Roche (Calmann-Levy SD).djvu/283

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je suis certain que vous avez appris beaucoup de choses intéressantes. Miss Butler s’ennuie quelquefois, et son père serait heureux de la voir mariée. Vous seriez pour eux et pour nous une grande ressource. Oui, en vérité, vous pourriez continuer l’éducation du jeune homme, car cela dérange bien sa sœur de ses propres travaux, et moi, cela me distrait quelquefois des soins que je dois à la collection. Bref, je serais content que ce mariage pût se renouer, puisque miss Love y avait consenti autrefois, et que depuis elle a toujours refusé d’en contracter un autre… Mais que sais-je maintenant de ses intentions ? Ceci ne doit pas vous fâcher, vous voyez que je ne mets pas en doute la pureté des vôtres.

— Je vous en remercie ; mais vous ne devez pas me trahir, monsieur Black, je vais vous le prouver. Miss Butler n’a pas pour moi le sentiment auquel j’ai eu la folie d’aspirer. Je suis venu pour m’en convaincre, et je m’en vais. Jusque-là, n’ajoutez pas à mon chagrin l’humiliation d’être raillé. Voyons ; si, comme je le crois maintenant, vous êtes un excellent garçon, quel profit et quel plaisir trouverez-vous à cela ?

— Aucun… Mais laissez-moi réfléchir ; diable ! laissez-moi réfléchir ! Cela me paraît bien grave ! Si mademoiselle découvre la vérité, que pensera-t-elle de ma complicité dans une pareille aventure ?