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Page:Sand - Jean de la Roche (Calmann-Levy SD).djvu/255

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dit-il, et je cède. Seulement, touchez-moi légèrement, je suis maigre et douillet malgré moi.

— Un bon guide, répliquai-je, doit avoir des mains de fer doublées de coton. Votre sœur vous a-t-elle dit que je lui eusse fait du mal ?

— Ma sœur se loue beaucoup de vous, et elle m’a même dit qu’elle vous avait embrassé pour vous remercier. Cela a dû vous étonner, Jacques ; mais il faut que vous sachiez que c’est une coutume dans notre pays, quand une femme se laisse porter par un homme, fût-elle reine et fût-il simple matelot.

— Je ne savais pas ça, répondis-je en riant du mensonge ingénieux de Hope : votre sœur me l’avait expliqué autrement ; mais soyez tranquille, je n’en suis pas plus fier.

Hope, tout à fait rassuré, se prit alors d’une confiance extraordinaire en mon bon sens et en ma discrétion.

— Jacques, me dit-il après avoir un peu réfléchi aux questions qu’il voulait m’adresser, vous avez connu particulièrement ce jeune comte de la Roche à qui j’ai écrit hier ?

— Oui, monsieur.

— Il était aimé dans son entourage ?

— Oui, monsieur, il n’était pas méchant ni avare.

— Cela, je le sais. On m’a toujours dit du bien de