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Page:Sand - Jean de la Roche (Calmann-Levy SD).djvu/230

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Et, s’adressant à moi, elle m’ordonna d’aller chercher son frère.

J’eus en ce moment un accès de rage et de haine contre elle. Je me dirigeai vers Hope, qui s’oubliait à causer avec les scieurs ; je lui dis fort sèchement qu’on l’attendait, et je m’enfonçai dans la forêt, comme pour ne plus jamais revoir cette fille sans amour et sans pitié, qui n’avait rien à conclure de ce qu’elle venait d’apprendre.

Mais François courut après moi ; le brave homme savait tout mon roman, que par le menu il m’avait bien fallu lui confier.

— Où allez-vous ? me dit-il. Venez donc ! elle parle de vous ! elle veut vous demander si M. Jean doit revenir bientôt de ses voyages. Elle me l’a demandé, à moi ; mais, ne sachant pas ce que vous voulez qu’on dise là-dessus, j’ai répondu que je n’en savais rien. J’ai dit pourtant que je le connaissais, ce pauvre M. de la Roche, que je m’étais souvent promené avec lui, et que j’avais entendu dire qu’il avait eu depuis des peines d’amour pour une demoiselle trop fière qui ne l’aimait pas. Enfin j’ai parlé, je crois, comme il fallait parler.

— Et qu’a-t-elle dit de cela, elle ?

— Elle m’a demandé si je savais ou si vous saviez