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Page:Sand - Jean de la Roche (Calmann-Levy SD).djvu/209

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un homme ni pour enlever une femme mariée, n’est-ce pas ?

— Sur ce qu’il y a de plus sacré au monde, je vous jure que je ne veux rien faire qui soit bien ou mal. Je veux regarder à mon aise et entendre causer une demoiselle avec qui je me marierai peut-être un jour, et qui ne me connaît pas.

— Tiens ! s’écria François, j’ai déjà vu ici une histoire comme ça ! Eh bien, cela se peut ! Avec de l’argent, tout s’arrange, et, quant à la discrétion, vous pouvez compter sur celle de tous mes camarades comme sur la mienne. Laissez-moi faire, et reposez-vous. Séchez-vous, mangez, dormez ; la maison est à votre service. En un clin d’œil la femme de François fut debout, le feu rallumé, la soupe faite et le fromage servi. Ces bonnes gens voulaient me donner leur lit et aller coucher sur le foin de leur grenier. Je trouvai le foin beaucoup plus à mon gré, et même, ayant découvert un tas de balles d’avoine dans un coin, j’y fis étendre un drap blanc, et je m’y enfonçai comme un sybarite dans des feuilles de roses. Dès le lendemain, on m’avait cousu une paillasse et acheté une couverture neuve. Mon logement était au-dessus de l’étable à vaches et n’avait jamais servi qu’à l’engrangement des petites récoltes de mon hôte. Le chat faisait si bonne garde, que les souris ne m’incommodèrent pas, et que, dans