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Page:Sand - Jean de la Roche (Calmann-Levy SD).djvu/197

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goût, et la plus austère simplicité ne l’empêchait pas de savoir d’instinct ce qui était à la convenance de sa taille, de son teint et du type de sa physionomie.

Sa démarche était toujours aussi résolue, ses mouvements aussi souples et sa grâce naturelle aussi enivrante. Il me tardait de revoir sa figure. Elle se retourna enfin et se pencha à plusieurs reprises de mon côté pour ramasser des anémones blanches dont elle remplit son chapeau. Comme elle ne faisait aucune attention à moi, je la vis d’assez près pour tout observer. Ah ! comme M. Louandre m’avait menti ! Elle était dix fois plus belle que je ne me la rappelais.




XVIII


Hélas ! elle était gaie, elle était jeune, fraîche, radieuse, insouciante. Sa belle voix claire et son franc rire résonnaient toujours comme une fanfare de triomphe sur les ruines de mon âme et de ma vie. Forte et agile, elle traversait la route en un clin d’œil, allant dix fois d’une berge à l’autre pour faire son bouquet sans se laisser distancer par la voiture. Elle n’avait ni châle ni manteau, et recevait bravement