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Page:Sand - Jean de la Roche (Calmann-Levy SD).djvu/184

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naturels que j’aie jamais vus. C’est l’œuvre de la nature bien plus que celle de l’homme, et pourtant c’est M. Butler ou plutôt c’est Love qui l’avait créé, en ce sens qu’elle avait choisi, dans les propriétés qui avoisinent le château, le site le plus romantique, pour l’approprier aux besoins de la promenade. Ainsi que je l’ai dit déjà, la clôture était une limite bien plutôt qu’une défense, et nulle part l’œil n’était arrêté ou attristé par la vue d’un mur. Ce vaste enclos se composait du revers de deux collines boisées, qui venaient se toucher à leur base pour s’éloigner ensuite plus ou moins, de place en place, former d’étroits sanctuaires de verdure d’une adorable fraîcheur, et se souder au fond en un mur de rochers d’où tombait un mince ruisseau d’argent. Dans ce rocher, on avait pratiqué une voûte et une arcade fermée d’une grille tout à côté de la cascatelle ; mais on avait si bien masqué cette sortie avec des plantes et des arbustes, qu’il fallait la connaître pour savoir qu’on pouvait s’échapper par là de cette espèce de bout du monde, c’est le nom qu’on donne en Auvergne, dans la Creuse et, je crois, un peu partout, à ces impasses de montagne. Tout le vallon du parc, véritable collier de salles de verdure, doucement incliné vers l’habitation, se terminait brusquement par une étroite brisure au pied du monticule, que dominaient les parterres et les bâtiments. Là en-