Ouvrir le menu principal

Page:Sand - Jean de la Roche (Calmann-Levy SD).djvu/173

Cette page n’a pas encore été corrigée


conséquent, lui retire son sexe, enfin avec ses imperfections et ses défauts (car, pour une femme, ce sont là des défauts essentiels, peut-être), je ne vous cache pas que j’aime Love comme si elle était ma fille, car elle a toutes les qualités du plus brave garçon de la terre et toutes les vertus d’une sœur de charité. C’est pourquoi non-seulement je ne vous conseille pas de la voir et de redevenir amoureux d’elle, mais encore je m’y oppose, entendez-vous ? persuadé que je suis du chagrin que vous lui feriez, en pure perte pour vous-même.

Ayant ainsi parlé avec rondeur et fermeté, M. Louandre attendit ma réponse. Je n’en fis aucune. Il me fallait bien accepter les faits accomplis, et, d’ailleurs, ce que j’entendais me rendait si tranquille et si froid, que je ne sentais en moi aucun regret, aucune douleur à exprimer.

— Je vois, reprit M. Louandre, que tout cela vous donne à réfléchir.

— Comment pouvez-vous croire, lui dis-je, que j’aie besoin de réfléchir après cinq ans de victoires remportées sur moi-même ?

— Aussi n’est-ce pas pour vous que je m’inquiète. Je n’en suis plus à croire que vous devez mourir de chagrin ou en devenir fou ; je vois bien que vous êtes