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Page:Sand - Jean de la Roche (Calmann-Levy SD).djvu/169

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fort bien deviné, et qui avait recueilli ou inventé la nouvelle, s’est cru vainqueur sur toute la ligne, et il se hâtait, en attendant mieux, de raconter à qui voulait l’entendre que mademoiselle Butler remerciait Dieu de se voir enfin délivrée des extravagances dont vous pouviez la menacer encore, lorsqu’un beau matin il a rossé vilainement son cheval et tué son chien de chasse sous le prétexte que la pauvre bête avait eu l’intention de forcer l’arrêt. On s’est demandé la cause de cette injuste colère, et on se l’est expliquée par le menu, en voyant qu’il ne remettait plus les pieds à Bellevue. Il avait reçu son congé comme tous ceux qui s’y étaient exposés avant lui et tous ceux qui s’y sont exposés depuis.

» La vérité est que Love a versé une petite larme en apprenant votre mariage. J’étais présent, et je peux vous dire ce qui s’est passé. Le Bressac faisait la figure d’un homme fort dépité de cette larme, et, moi, je pris les mains de la brave fille en lui demandant si elle vous regrettait, et si elle avait compté que vous ne vous marieriez point.

» — Non, me répondit-elle avec la franchise que vous lui connaissez ; je ne regrette pas un mariage qui ne pouvait se faire sans nous amener de grands malheurs, ou sans nous jeter dans des inquiétudes continuelles. Je n’ai jamais compté que M. de la Roche