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Page:Sand - Jean de la Roche (Calmann-Levy SD).djvu/163

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sa mort, car tu ne me racontes jusqu’à présent que des enterrements.

— M. Louandre se porte bien, Dieu merci ! c’est son jour, vous le verrez tantôt. Il vient ici régulièrement tous les 28 du mois pour arrêter les comptes du régisseur, aviser aux réparations des bâtiments, et voir enfin si tout est en ordre. Il a grand soin de vos affaires, allez ! Seulement, il a du chagrin parce qu’il commence à vous croire mort, comme je le croyais presque aussi, moi ! Et tous vos cousins pensaient de même. Ils s’impatientent fort de ne rien savoir de vous, et il y en a bien quelques-uns qui ne seront pas trop contents de vous revoir, car il ne fait pas trop mauvais maintenant d’hériter de vous. Il y a surtout M. de Bressac…

— Ne me dis pas cela, Catherine, ne me nomme pas les gens qui comptaient voir arriver un de ces matins mon acte de décès. J’aime autant ne pas le savoir ! Tu dis que M. Louandre va venir ?

— Oui certes, je vais préparer son déjeuner et le vôtre. Si vous voulez que je continue à causer avec vous, il faut venir avec moi dans la cuisine, comme vous faisiez quand vous étiez un enfant, et que, tout en plumant mes volailles, je vous racontais la légende des jayans[1] cévenols ou celle de la pucelle du Puy-en-Vélay.

  1. Géants