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Page:Sand - Jean de la Roche (Calmann-Levy SD).djvu/103

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ration filiale ?… Au fait, elle ne ni m’avait pas dit, elle ne m’avait pas prouvé autre chose ! J’allais donc trahir la sainte confiance d’une âme pure et me vanter, comme un sot et comme un lâche, au risque de compromettre l’honneur de celle que, comme frère ou comme fiancé, j’avais le devoir de défendre !

Je baissai la tête et ne répondis rien.

— Diable, diable ! reprit M. Louandre, vous n’êtes pas si avancé que je croyais, et je crains, mon cher comte, que vous n’ayez fait un coup de tête en vous livrant à votre cœur.

— Avez-vous quelque raison de croire ce que vous dites ? Expliquez-vous.

— Je me suis expliqué en vous disant que le père ne s’expliquait point. Et puis il y a une autre circonstance… une misère, si vous voulez… Tenez, ajouta-t-il en dirigeant mes regards vers le parterre, où le petit Hope se promenait, les mains derrière le dos et la tête penchée en avant ; voyez l’attitude mélancolique ou méditative de cet enfant ! Tout à l’heure il était là, parlant et souriant avec moi comme tout autre individu de son âge. Tout à coup il a regardé là-bas, du côté de la grille, et il vous a vu arriver. Alors, prenant sa casquette de l’air d’un homme fier et dépité, il m’a dit :