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et l’enfant sera censé lui appartenir. Elle en aura tout le soin possible et attendra mes ordres. Dites-lui que c’est une fortune à gagner sans nuire à personne et sans courir aucun risque.

— Elle ne le croira pas, monsieur le comte ; il y a du risque à se faire l’agent et le complice d’un enlèvement de mineur.

— Le risque sera pour vous et pour moi, Charles ; mais nous agirons de manière à nous en préserver.

— M. le comte veut que l’enfant vive dans de bonnes conditions de santé et qu’il ne souffre de rien ?

— Je le veux absolument. Je n’ai pas d’aversion pour un être qui n’a pas conscience du bien et du mal.

— Si j’ai bien compris M. le comte, il veut que l’enfant, en grandissant, ignore qui il est, et que personne ne puisse le lui dire.

— Vous avez compris.

— Cela est très-difficile à exécuter.

— Tout est possible avec de l’argent. Trouvez une femme honnête et malheureuse ; vous la conduirez loin, très-loin, hors de France, s’il se peut ; du moins vous voyagerez aussi longtemps que l’enfant pourra supporter le voyage. Vous l’établirez dans quelque endroit sauvage, isolé. La nourrice l’y élèvera comme s’il était son fils, ni mieux ni plus mal. Elle aura une forte récompense, si elle le mène à bien pendant trois ans. Vous la surveil-