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par moi comme si j’eusse été son égal. Privé d’amis, — son caractère ne lui en faisait pas, — il n’était pas fâché de se montrer homme supérieur, ne fût-ce que devant son valet de chambre. Celui-là ne discutait pas et ne l’écoutait que pour s’instruire.

— Apprenez, Charles, me dit-il, qu’un homme de ma sorte se conduit comme un petit bourgeois mal élevé quand il s’en prend à sa femme, coupable ou non ; c’était à lui de tout prévoir et de la mieux garder. Je n’ai ni colère ni ressentiment contre madame la comtesse. Le vrai coupable, c’est celui que j’ai puni et que je punirai encore, s’il s’avise de trop ressusciter. Le misérable ! je ne lui pardonnerai jamais de m’avoir joué. Sachez, mon cher, que la veille de l’événement je l’avais interrogé comme un frère aîné.

» — Prenez garde, lui disais-je, vous n’aimez pas la baronne, vous la trompez.

» — Je ne la trompe pas, répondait-il, je ne lui ai jamais parlé d’amour.

» — Pourtant vous êtes très-amoureux, cela se voit ; c’est donc d’une autre ?

» — Ce n’est d’aucune autre.

» — Salcède, vous mentez ! vous êtes un enfant, j’ai eu tort de vous prendre pour un homme. Je vois que vous espérez me tromper ; c’est inutile, je vois clair.

» — Vous m’outragez, répondait-il. Je vous aime