Ouvrir le menu principal
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.




XIV


En ce moment, madame entra chez lui, et, après s’être informée de sa santé, elle me demanda tout bas si monsieur connaissait la position de M. de Salcède. Je craignis une explication tragique, et j’engageai madame à ne pas parler de cette affaire à son mari, tant que sa crise hépathique ne serait pas dissipée.

Il n’en fut donc point question, et les jours suivants se passèrent sans que madame montrât un chagrin particulier. Elle envoya, il est vrai, plusieurs fois son valet de chambre prendre des nouvelles du blessé ; mais, le jour où M. le comte lui dit d’un ton glacé :

— Savez-vous, ma chère, que le jeune Salcède a perdu son père et qu’il est lui-même fort mal ?

Elle répondit sur un ton d’angélique innocence :

— Je sais cela, je ne voulais pas vous en parler pour ne vous point affecter ; puisque vous êtes au