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je haïssais sa femme, qui le soignait pour une maladie de foie sans se douter du chagrin dont il était dévoré.

Le lendemain matin, je retournai à l’hôtel Salcède, non pas de la part de mon maître, il me l’avait bien défendu, mais comme si j’étais désormais attaché à madame de Montesparre et chargé de lui écrire. On préparait les funérailles de M. de Salcède père. Quant au fils, il avait eu une certaine lucidité pour le voir mourir ; mais il ne comprenait plus rien, son état paraissait désespéré.

Madame de Flamarande apprit dans la journée, par des visites qui lui vinrent, que le vieillard était mort et que son fils était mourant. J’étais présent quand elle reçut le coup. Elle ne m’en parut pas affectée comme je l’aurais cru ; elle fit beaucoup de questions auxquelles on ne put répondre. L’affaire avait été tenue si secrète, qu’en parlant d’une blessure grave et en supposant un duel, on ignorait encore avec qui M. de Salcède avait pu se battre.

Je rapportai les faits à mon maître.

— Vous assurez, me dit-il, que madame la comtesse a paru plus surprise que consternée ? Ne se doute-t-elle pas réellement de la vérité ?

— Ou madame est sans reproche, répondis-je, ou elle est d’une habileté de premier ordre.

— Toutes les femmes ont cette habileté-là ! re-