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— M. de Salcède aurait pénétré chez elle à son insu ? Vous trouvez cela probable ?

— Je le trouve possible.

— Qu’aurait-il été faire chez elle, s’il l’eût crue partie ?

— Prendre quelque chose d’oublié par elle, respirer un parfum, un bouquet peut-être !

— Un bouquet ? Oui ! quand je lui ai percé la poitrine… le malheureux faisait semblant de se défendre… il se livrait !… on a trouvé sur lui un bouquet flétri… Ah ! c’est cela, un gage de leur amour, le bouquet d’adieu ! J’ai cru que c’était une manie de botaniste d’avoir ces fleurs sur le cœur en mourant. Il les a réclamées d’une main défaillante, et moi, j’ai ordonné qu’on les lui rendît… On l’enterrera avec cela. Eh bien, il est plus heureux que moi, et il me brave jusque dans la tombe ! Il a été aimé un jour dans sa courte vie, et moi, je pourrais vivre un siècle… je ne le serai jamais !